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Accident de plongée en eau profonde : deux morts

mardi 16 septembre 2014, par administrateur.
Mis à jour le mardi 16 septembre 2014

Tiré du Dauphiné Libéré, édition papier du samedi 13 septembre 2014

Un homme d’une soixantaine d’années, breveté d’État en plongée, et sa compagne de sortie, une femme d’une quarantaine d’années, voulaient explorer le site de la Grande Cale.
Ils ont trouvé la mort.
Ils étaient bardés de matériel sophistiqué, prêts pour une plongée en eau profonde dans le lac du Bourget (Savoie). Hier, deux plongeurs isérois ont trouvé la mort au cours d’une sortie aquatique qui devait être si belle.
Venus de l’Isère, un homme d’une soixantaine d’années, breveté d’État en plongée et sa compagne de sortie, une femme d’une quarantaine d’années, ont gagné avec leur bateau la côte sauvage située en face du Grand Port d’Aix-les-Bains. Leur objectif était de descendre le long de la Grande Cale, une superbe falaise subaquatique bien connue des experts, à l’aplomb de la commune de La Chapelle-du-Mont-du¬ Chat. Mais difficile à pratiquer : celle-ci s’enfonce dans les eaux du lac à pic sur plus de 100 mètres.
Les plongeurs remontés dans l’urgence
C’est donc une plongée au mélange trimix (’) que les sportifs ont pratiquée. Apparemment, tout s’est bien passé à la descente, puisque le profondimètre de la jeune femme indiquait 104 mètres. Alors que s’est-il passé au fond ?
« À 12 h 23, nous avons reçu l’appel au secours d’un homme totalement paniqué. Il nous a expliqué que sa copine et lui étaient remontés en surface dans l’urgence, que cette dernière était inconsciente », expliquait hier le commandant Laurent Goiffon, en chargé du dispositif de secours avec le capitaine Perret. L’homme appelait depuis le bateau à bord du¬quel il était parvenu à remonter. « Il a précisé qu’il voulait retourner à l’eau pour faire ses paliers de décompression, comme le veut l’usage chez les plongeurs qui remontent trop vite en surface. Puis il a raccroché », poursuit le pompier.
Moins de vingt minutes plus tard, 13 pompiers plongeurs étaient sur place, dont les deux conseillers techniques du département. Las … À leur arrivée, ils ont trouvé la jeune femme flottant à la surface, en arrêt cardio-respiratoire. Ramenée en urgence sur la berge, elle n’a pu être ranimée par l’équipe du Samu.
Pendant ce temps, les plongeurs partaient à la recherche de J’homme. Il leur a fallu descendre jusqu’à 45 mètres pour découvrir le corps sans vie posé contre la paroi rocheuse.
Que s’est-il passé au cours de cette seconde plongée ? Défaillance technique ou physique, c’est ce que devra déterminer la brigade nautique de gendarmerie d’Aix-Les-Bains, épaulée par la brigade territoriale .de La Motte-Servolex.
De mémoire de gendarme, il n’y avait pas eu d’accident mortel de plongée dans le lac du Bourget depuis 2006.
Muriel BERNARD

(*) Le trimix est un mélange gazeux constitué de trois gaz : oxygène, hélium et azote. Il ost utilisé à la place de l’air pour les plongées profondes. L’air que nous respirons à la surface de la terre n’est quant à lui composé « que » de deux gaz : oxygène et azote.

Le site de « la Cale », un spot connu des plongeurs

Le site de « la Cale », en face du’ port d’Aix-les-Bains, est un spot connu des amateurs de plongée du lac du Bourget. « C’est un tombant, c’est-à-dire une falaise qui descend tout droit avec très vite une grande profondeur qui at¬teint plus de 100 mètres », explique un instructeur qui connaît bien l’endroit et qui malgré plus d’un millier de plongées n’est jamais descendu .à de telles profondeurs. « Toutes les semaines, des plongeurs viennent ici, notamment des Suisses, habitués aux grandes profondeurs du Léman (NDLR. : 309 mètres maximum contre 145 mètres pour le lac du Bourget) et qui veulent changer de coin. À cette profondeur, la température de l’eau est d’environ 3 degrés, et la visibilité étant presque nulle, on évolue avec un phare. Je ne me prononcerai pas sur les causes de l’accident car je n’ai pas assez d’éléments. Ce qui est sûr, c’est qu’au-delà de 60 mètres, si l’on doit remonter en urgence, cela devient très délicat à gérer et cela se termine rarement bien … »

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