Une conférence s'est tenue vendredi soir à l'auditorium des Thermes d'Aix Ies Bains, organisée par le club de plongée d'Aix (CPALB), en présence de Bertrand Delafosse responsable du centre hyperbare de Lyon, des docteurs Secheresse et Joyeux, Jean-Pierre Haas, Frédéric Rousseau et Patrick Paulet du club de plongée d'Aix Ies Bains.
La première partie fut consacrée à la définition de l'accident de décompression. Lorsque nous plongeons, l'azote mélangé à l'oxygène contenu dans les bouteilles va s'éliminer de notre corps en quelques heures après une plongée, L'accident de décompression (ADD) est un dégazage anarchique par formation bullaire (d'azote).
En d'autres termes, l'azote que nous possédons dans notre corps s'échappe tout azimut de notre corps et non par nos poumons. C'est pour cela qu'en plongée, la vitesse de remontée doit àtre respectée. Le plongeur s'aidera pour cela des tables ou de son ordinateur de plongée. Les tables sont des tableaux où sont indiqués les paliers à effectuer suivant le temps et la profondeur de la plongée réalisée. Elles servent également à toutes les personnes travaillant dans des travaux sous terrains. 60% des accidents ont lieu dans les 15 minutes suivant le retour en surface. Ainsi des plongeurs ont pu ressentir des symptômes alors qu'ils avaient parfaitement suivi les tables de décompression, a expliqué le spécialiste.
Bertrand Delafosse est intervenu ensuite pour présenter l'accident de décompression, les facteurs de risques, les facteurs aggravants les conséquences sur l'organisme, le tout agrémenté d'images. Une table de plongée et un ordinateur ne sont pas des garanties de ne pas avoir d'accident. Les ADD s'accompagnent d'un phénomène de sursaturation comparé à une bouteille de Perrier que l'on ouvre après l'avoir secouée dans tous les sens et où les bulles, au lieu de s'échapper tranquillement, vont fuser de partout ... Notre organisme associe les bulles à un corps étranger. Les tables de décompression ne sont qu'un support théorique pour les plongeurs, et une modification biologique màme minime peut provoquer l'accident. Ainsi des exercices intenses avant ou après la plongée peuvent modifier le métabolisme du plongeur et entraþner l'accident. 75 % des paraplégiques reçus au sein du centre hyperbare de Lyon arrivaient à sortir sans séquelle.
Frédéric Rousseau, les docteurs Joyeux et Secheresse du Samu 73 sont intervenus en deuxième partie sur la prise ne charge d'un ADD. C'est au plongeur de reconnaitre les signes qui vont lui faire penser à un accident de plongée sauf bien entendu si l'accident survient dans l'eau. Tout signe inhabituel survenant après la sortie de l'eau doit attirer l'attention. Il n'y a qu'une chose à retenir en cas d'accident c'est une alerte précoce et précise (en spécifiant la localisation de l'accident, le nombre de victimes, .. ), le transport des blessés se fait très souvent par route car l'hélicoptRre ne peut pas monter à plus de 300 m par rapport à. l'altitude de départ et si la météo est compatible. Puis vint l'explication du caisson. On met les personnes dans un caisson, petit sous-marin posé dans une pièce. On leur fait inhaler un gaz (très souvent un mélange d'oxygène et d'hélium) afin de stopper la progression des bulles et de dissoudre cet azote bullaire. A titre indicatif, une séance de 8 heures en caisson coûte environ 1500 euros. Certaines maladies, pas forcément liées à l'accident de plongée, sont soignées en caisson. Tout accidenté devra suivre ensuite certaines procédures avant de recommencer à plonger. Après toutes ces explications techniques, Patrick Joyeux rappela deux vieux adages de la marine : descend qui veut, remonte qui peut et : tout plongeur est un menteur. Le débat fut clos par Patrick Paulet président du CPALB : soyons tous assurés pour ce loisir à risques car je préfère utiliser ce terme à celui de sport à risques.
