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Toutes nos aventures - la plongée de l'an neuf 2004

Avec beaucoup de retard, et ce n'est rien de le dire, voici un petit article sur la plongée de l'an neuf.

En cette belle année 2004, retour à la tradition, la plongée se déroule sur l'esplanade, au ponton des pêcheurs, entièrement refait à cette occasion (ce n'est pas vrai mais d'un seul coup, on se sent plein d'importance), le temps est beau, le soleil tente de réchauffer une atmosphère que l'on peut qualifier au choix de sibérienne, de polaire et que sait-je encore, en trois mots comme en mille il fait froid. Normal me dirait vous, c'est l'hiver. Eh bien non, moi, ED, m'insurge contre cet immobilisme qui voudrait imposer aux masses laborieuses des hivers froids, humides et durant lesquels les jours sont plus courts que les nuits. Camarade opprimé, fais comme moi, rejoint le front unifié de résistance à l'invasion des masses d'air froid venues de contrées que l'on ne connaît même pas. La parenthèse étant close, revenons à nos moutons, la plongée.

Que dire ? Nous étions nombreux, bruyants et un peu turbulents. Pour ma part, j'ai décidé cette année de faire oeuvre sociale, je vais plonger avec un Bergalien. Pour ceux qui ne savent pas ce que c'est, vous prenez un lyonnais et vous le faites vivre en Isère, vous voyez un peu le spécimen. De plus, ils n'ont pas de prédateurs connus, un peu comme la Taxipholia.
But de la sortie, faire une plongée qualifiée de carrée, 50 mètres, 50 minutes... Ah bon ? c'est pas ça une plongée carrée, on m'aurait menti ???? Mission ratée, notre isérois de sortie est arrivé sur réserve avant l'objectif, c'est sûr qu'avant, il a fallu palmer. Pour ceux qui ne connaissent pas le site, c'est lisse comme le dos de la main et presque aussi horizontal que la surface. Du coup, je n'ai pas pu faire de paliers à rallonges, l'année commence mal.

Et maintenant, passons à quelque chose de beaucoup plus intelligent (plus lyrique aussi). Article tiré du Dauphiné libéré du 5 janvier 2004 (bonne fête Edouard)

Une tradition aussi glaciale que conviviale

LA PLONGEE DE L'ANNEE

Une soixantaine de plongeurs ont communié hier dans le culte de la tradition, en piquant une tête dans l'eau à 5° du lac du Bourget. A Aix-les-bains, ils fêtent la nouvelle année comme cela, depuis 40 ans...

Elle avance une palme, puis l'autre, et s'arrête. Derniers instants d'hésitation. Sur son visage s'accusent autant l'angoisse du grand saut, que les stigmates laissés par les attaques de la bise. Marche arrière 1 Allons donc ! Dix secondes plus tard, la jeune femme batifole dans l'eau à 5° du lac du Bourget. " Alors ? Tu vois, c'est pas si froid", relativise sa camarade... avant de lui emboîter le pas. Étrange défilé hier sur le ponton des pêcheurs, au bord du lac à Aix-les-bains. Lieu localement identifié des moeurs nautiques alternatives, à chaque nouvelle année et où une soixantaine de plongeurs, réchauffés par la passion, ont cédé hier au glacial rituel de la plongée de l'An neuf.

But de cette vigoureuse baignade : célébrer 2004 par une petite bise... à 20 mètres de profondeur ! Bien sûr, les badauds tordent parfois le nez devant ces gardes-chiourmes d'une coutume historique, tous licenciés dans des clubs de plongée savoyards et débarquant des quatre coins du département.

Qu'importe! A voir l'enthousiasme des participants hier, on se dit que cette énergique trempette risque de camper encore un bon bout de temps au hit-parade des traditions du nouvel an. " J'ai mis le pied dans l'engrenage en 1989", se souvient Sylvie, du club de Chambéry. Entre deux réglages de sa bouteille, elle savoure ce moment, en bonne adepte de sport et de vie saine. " Cette plongée fait partie de mes bonnes résolutions, embraye-t-elle. C'est le coup d'envoi d'une copieuse année sportive! " A côté d'elle, Pierre est également venu recharger ses batteries dans le lac du Bourget. " Ici, on se retrouve entre copains. On est tous ensemble. C'est ça l'important", sourit-il, tranquille comme Baptiste. Combinaison étanche ou néoprène de 7 mm d'épaisseur, détendeur, bouteilles, palmes... La plongée de l'An neuf, c'est aussi un concentré de technologie, qui éclate au grand jour lors de la grand messe des préparatifs. " Ça les protège ? Bernique! " rigole un passant. Même avec leur attirail, ils sont morts de froid ! " Tout faux! Ou presque.

" Avec les combinaisons étanches, on ne sent pas vraiment que l'eau est à 5°", corrige un habitué, le regard aussi froid que la lame des anciennes guillotines.

Il aime d'ailleurs étouffer les préjugés véhiculés et nourris au café du commerce du bagout mal placé de certains badauds. " Ce sont surtout les conditions extérieures qui sont particulières. Aujourd'hui il fait 0... L'eau est plus chaude que l'air. . C'est quand on doit se changer qu'on se caille !".

Ce froid de canard est pourtant ce qui a donné ses lettres de noblesse à cette tradition quadragénaire. " Mon meilleur souvenir ? On avait plongé au Grand Port et en sortant, avec la bise, les barbes et moustaches des hommes avaient givré... " raconte Sylvie. Pas de givre hier, mais quelques rayons de soleil. Pas de quoi réchauffer les curieux. " Ils pourraient faire ça l'été, ironise un spectateur. Moi j'ai froid... "

Tous bons apôtres de la tradition, les plongeurs de l'An neuf font rarement leur baptême de l'eau à cette occasion." En général ce sont les plongeurs assidus toute l'année qui viennent", confirme Pierre.

Certains sont d'ailleurs fidèles depuis plusieurs dizaines d'années. Comme cet homme, un des premiers à piquer une tête hier: " Je plonge depuis le début des années 80... Si j'en ai manqué ? " Avec la tête d'un gamin surpris les doigts dans la confiture, il fait mine d'avoir la mémoire défaillante : " Peut-être une ou deux... Pas plus! ".

Au final, après une bonne demi heure de baignade, les 60 pourfendeurs de températures anémiques ont regagné le ponton. " C'était une bonne plongée de l'an neuf, a estimé l'un d'entre eux. C'est bon signe ".

Changement de décor une heure plus tard, au gymnase Garibaldi où les attendait une autre tradition : celle de la galette des rois. Pas le même plaisir, c'est sûr...

" Ça fait 33 ans que je plonge... "

Le thermomètre affiche 1° et Dominique Picard est pieds nus. Il se prépare, comme chaque année, à goûter l'eau glaciale du lac du Bourget. Le même rituel depuis 1972 : sa première plongée de l'An neuf. Aujourd'hui président du Groupe de sauvetage et de recherche lacustre (GSRL), l'initiateur de ce rituel en 1964, il a rarement rompu avec la tradition. " Ça fait 33 ans que je fais de la plongée", confie-t-il, en enfilant sa combinaison. " Je suis là pour le nouvel An depuis 32 ans, et je me souviens pas en avoir raté beaucoup... " Et il l'annonce sans détours, cette "baignade" a un goût particulier : celui de la convivialité. " L'objectif de cette plongée, c'est de se retrouver tous ensemble. C'est sympa comme affaire! Quand on sort de l'eau, on boit un chocolat chaud, puis on va tirer les rois... Vous savez, nous, les plongeurs, nous ne sommes pas un club de foot ; il n 'y a pas de compétition, ni de rivalité. Personne ne cherche à être le meilleur... " Parlez lui du froid... " Avec une combinaison assez épaisse, ça protège assez. ", vous répondra-t-il. Quelques minutes plus tard, il était dans l'eau. Comme depuis 32 ans.
P-E.B.

40 ans que ça dure...

La bonne soixantaine de plongeurs, qui ont fêté la nouvelle année à leur manière hier, ont posé une pierre supplémentaire sur le chemin d'une tradition ancrée depuis 40 ans dans le monde de la plongée savoyarde. Car c'est en 1964 que le Groupe de sauvetage et de recherches lacustres de Chambéry Aix (GSRL) donne le coup d'envoi de ce rituel. Dans la cité thermale déjà, au bord du lac du Bourget. Et depuis quatre décennies, ils sont entre 40 et 100 à braver le froid ainsi, le premier dimanche de chaque année. Au début des années 1990, c'est le comité départemental qui reprend les rênes de ce rassemblement. Il s'est d'ailleurs déroulé pendant quelques années au bout de la jetée du Grand Port. Mais en dépit de son côté spectaculaire, le lieu a été abandonné au profit d'un ponton des pêcheurs longé par une allée beaucoup plus vaste, et pouvant donc accueillir plus de spectateurs.
P-E.B.