Toutes nos aventures - Plongée sur le France

Il y a longtemps que je n'avais pas pris ma plume pour vous conter quelques aventures et autres bêtises survenues en notre beau club. Cet oubli est maintenant corrigé, l'inspiration en cette triste et humide journée d'octobre est revenue et c'est le coeur léger que je m'attelle à cette tâche (quand je vous disais que l'inspiration était là). Il me manquait aussi le sujet et la situation s'est débloquée depuis ce dimanche 26 octobre, jour de la sortie club sur le France. Ce n'était pourtant pas la première fois que je le faisais cette année mais l'idée de descendre sur cette épave m'enchante à chaque fois, et voilà comment cette journée s'est déroulée.

Il était une fois, au coeur de la Savoie profonde un petit groupe d'irréductibles plongeurs qui face aux éléments contraires, dans le froid et le brouillard s'était dit un jour " et le France, on ne le fait pas cette année ? D'habitude c'est à cette époque... ", la suite, je vous la laisse imaginer. Le temps d'organiser la transhumance du troupeau, de définir la date et nous voici déjà dimanche, à huit heures devant la porte du local compresseur. Un bon point, il ne pleut pas, encore heureux car avec le froid qu'il fait, ce n'est pas de l'eau mais de la neige qui nous aurait accompagnée jusqu'à Annecy. H-1 ou 9 heures pour ceux qui ne connaissent pas le planning, plage des marquisats, le bateau est jeté à l'eau plus qu'il n'est descendu, on reconnaît bien là toute la délicatesse de notre docteur ès embarcations, j'ai nommé Jean Luc. Les Modanais, vous savez, les habitants de la Maurienne, le tiers monde de la Savoie, sont déjà là en petit comité, ils ne sont que trois, les autres ont eu peur d'avoir froid, dans quel monde vivons nous ?

H-1 mm, on embarque et on s'entasse (y a pas d'autre mot, ha si, on s'empile) sur le Carolina et direction le France où Henri, seigneur des amers et du sondeur réunis à la lourde tâche de trouver l'épave, quoique, cette année, c'était assez facile, la bouée de l'A.S.P.T.T étant passée par là. Préparation du matos, briefing que je n'ai pas entendu pour cause de retard dans la préparation, c'est que je suis long à m'équiper avec mes 3 blocs dont un d'oxygène. Enfin nous sommes prêts à accomplir notre forfait, déranger une épave qui repose depuis une trentaine d'années sur son lit de vase.Mise à l'eau, aujourd'hui, grand jour, je plonge avec Laurent le trésorier (je lui doit des sous, faut pas que je lui tourne le dos)et Marc dit techman2 (lui, je le tiens à l'oeil, le voir lancer son parachute avec son moulinet, c'est toujours un grand moment).

Nous amorçons la descente, l'eau est tout sauf claire, un paquet de particules nous coupe la vue, nous empêchant de distinguer le pont avant. Touch down, un petit contrôle du mouillage qui en avait bien besoin et l'exploration commence. Direction l'étrave pour essayer d'avoir une vue d'ensemble du bateau. On croise un trio d'agriculteurs en goguette, du moins c'est ce que j'imagine vu la façon dont ils labourent le fond, et ils vont vite, levant un nuage de touille qui brouille encore un peu plus la visibilité qui n'en avait déjà pas vraiment besoin. 16 minutes au fond, c'est le temps de remonter si l'on ne veut pas se faire une séance de paliers plus longue que la plongée elle-même. Zone des 20 mètres, Marc commence à déballer son fourbi, le parachute, le moulinet, monte le tout et, et, et.... tout se passe bien, si on ne peut même plus rigoler. 1er palier à 6 m pendant 4 minutes, je passe sur oxygène, y pas à dire, mais ça a quand même un goût dégueulasse ou c'est une idée ?? Encore 12 minutes à 3 m et c'est fini. Pas de bol, bloc d'oxy vide au bout de quelques minutes, faut vraiment que j'achète un manomètre, ça m'éviterait d'avoir l'air con en sortant de l'eau.

Retour sur le bord avec le Zodiac de Modane, il est joli, bien motorisé mais vous savez ce que l'on dit, gros moteur et petite ... ho, ça ne va pas ? Ce n'est pas beau de se moquer des pauvres gens. Je sais, ils le cherchent mais ma charité chrétienne devrait me retenir. Admettons que je n'ai rien dit. Sur le bord, Reine, en véritable maîtresse de maison nous a préparé un méga apéritif qui soit dit-en passant a vraiment un gros succès. Après ça, aller dire aux rares passants qui traînent dans les environs que la plongée est un sport. Et encore, ils ne nous verront pas au restaurant attablés devant une choucroute un verre de bière à la main. Allez, à plus et à l'année prochaine au même endroit.

Edouard ERNOULD