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L’histoire - Les monuments du Moyen Age

lundi 20 mai 2013, par administrateur.
Mis à jour le dimanche 14 août 2016

Le château de Thomas Il, Le Bourget-du-Lac

LE CHÂTEAU DE THOMAS Il LE BOURGET DU LAC

1248. Thomas II, frère du comte Amédée IV de Savoie obtient du prieur du Bourget le droit de construire une maison et un vivier et posséder tout autour 70 pieds de terre (…) entre la Leysse, le lac et la forêt. En échange, Thomas ou quiconque qui occupera la dite maison et ses dépendances devra verser 12 deniers de cens chaque année à la saint Martin, maintenir, conserver et garantir les droits et les bonnes coutumes de l’Eglise et si la nécessité l’exigeait, que le prieur ou les hommes du prieuré puisse se réfugier dans cette maison. Thomas accorde également que de la pêche de ses viviers (…) soit perçu par an (…) une dîme pour le compte du prieuré et que durant le mois d’août on ne vende pas de vin.

Son fils, le comte de Savoie Amédée V choisit Le Bourget comme résidence principale : la maison de son père devient un vaste palais, où la cour comtale aime séjourner. Peintres, verriers et sculpteurs de renom sont chargés de l’embellir. Les pièces principales disposent de cheminées monumentales et de latrines à chaque étage. Il existe aussi une chapelle, placée sous le vocable de saint Christophe, un jardin d’agrément orné d’une fontaine, un potager et un verger. Le château n’a pas de vocation militaire mais fossés et courtines font l’objet d’un entretien fréquent.

Au XV’ siècle, le château comtal est confié à un fermier. Les comtes lui préfèrent celui de Ripaille, au bord du lac Léman.
XVII"-XXe siècles. Vendu aux barons du Bourget, la Révolution française le transforme en ruine romantique qu’illustreront de nombreux artistes.

Classé Monument historique en 1983, il est racheté par la commune en 1979. Depuis, fouilles archéologiques, études, projet de restauration et de valorisation sont engagés pour le protéger et le présenter au public.

« Vue du prieuré de Bourget en Chambéry »
P. Etienne Martelange, 1618 BNF, fonds G. d’Orléans.

LE PRIEURÉ DU BOURGET-DU-LAC

XIe-XIIe siècles. Autour du prieuré clunisien dédié à saint Maurice, le bourg est un passage important, avec un port et un péage, partagés selon les époques entre le prieur et le comte. Le prieuré dépend directement de l’abbé de Cluny ; son statut prestigieux lui permet d’étendre son domaine et son droit de juridiction sur plusieurs villages.

1250-1260. L’église du prieuré, également église paroissiale, est ornée d’un jubé, haut-relief polychrome figurant plusieurs scènes de la vie du Christ qui sépare le chœur, réservé aux moines, de la nef pour les fidèles. Sous le chœur, la crypte dédiée à Notre Dame-la-Basse conserve deux inscriptions latines à Mercure. Est-elle bâtie sur un ancien temple ?

1582. Le prieuré est donné aux Jésuites de Chambéry, puis en 1773 aux Cordeliers avant d’être vendu comme Bien national à la Révolution et transformé en ferme. Racheté par un amateur d’art chambérien, servant d’appartement à la duchesse de Choiseul, il est ensuite acquis par la commune et classé en partie Monument historique en 1910. Le prieuré formé de trois ailes délimitant un cloître, date dans son ensemble du XV’ siècle, œuvre des prieurs de Luyrieux.

Le château de Châtillon

LE CHÂTEAU DE CHÂTILLON

Xe-XIII" siècles. Châtillon, principal château de la seigneurie de Chautagne, appartient successivement aux Montluel, aux Seyssel d’ Aix, aux Rambert puis aux barons d’Angle jan-Châtillon qui le possèdent encore. Construit en pierre calcaire et en tuf, il couronne un rocher qui domine le lac. Au XIII’ siècle, est construite l’enceinte qui englobe le haut promontoire.

L’habitation comtale a été souvent remaniée ; elle est flanquée d’une tour dont le gros œuvre semble ancien. À droite de la première entrée s’élève une tour octogonale en tuf dont l’intérieur est circulaire, et le rez-de-chaussée voûté en coupole. Cette tour pourrait dater du XIII’ siècle.

1537. Le château est agrandi et restauré par Louis de Seyssel ; il sera reconstruit aux XVIII’ et XIX’ siècles. Le château de Châtillon est inscrit à l’Inventaire supplémentaire des Monuments historiques en 1991.

Le château de Bourdeau restauré dans le style troubadour au XIX’ siècle

LE CHÂTEAU DE BOURDEAU

1263. Humbert de Seyssel est seigneur d’Aix et de Bourdeau.

1316. Bourdeau est érigé en seigneurie par Amédée V au profit d’Humbert III de Seyssel. Par alliance, le château passe en 1570 aux Livron, puis aux jésuites de Chambéry (1671) qui le cèdent en 1688 à Claude Antoine Sallier de la Tour de Cordon, premier président de la Chambre des comptes.

1800. Jean-Baptiste Viviand de Chambéry l’achète comme Bien national. Il vend les pierres à l’entreprise chargée de construire la nouvelle église paroissiale. Antoine Métral, avocat chambérien, le rachète et entreprend quelques réparations sommaires en 1810 pour éviter une plus grande ruine.

1875. Les restaurations de style troubadour sont l’œuvre de Joseph Giraud et de l’architecte Pellegrini, qui remonte créneaux, mâchicoulis et tourelles et agrémente le château d’un jardin anglais. Il reprend les bases du château médiéval de forme rectangulaire. Il est vendu en 1880 à la famille Gigot de Villefaigne qui le possède encore.

1880. Jusqu’à la fin du XIX’ siècle, on accède à la rive du lac par des sentiers tracés par les pêcheurs qui descendent vers de petites criques bordées de prés où sèchent leurs filets. Alexis Gigot de Villefaigne fait don d’une petite anse et d’un chemin d’accès au pied de sa propriété pour construire le port. La digue sud a été construite en 1941.

Vue du lac et de l’abbaye de Hautecombe, E. Ginain, 1858, huile sur toile, Musée de Chambéry.

L’ABBAYE DE HAUTECOMBE

À l’origine établie dans la haute-combe de Cessens, l’abbaye conserve le nom de Hautecombe lors de son transfert sur la rive ouest du lac du Bourget au milieu du XII’ siècle, suite à son affiliation à l’ordre cistercien.

1153. Les barons du comte Humbert III, élevé à l’abbaye par l’abbé Amédée d’Hauterive, viennent à Hautecombe le sommer de se marier afin de donner un héritier à la couronne. Il sera le premier membre de la famille de Savoie à être enterré dans le cloître du monastère en 1189.

XIIIe siècle. La grange batelière, appelée dans tous les documents anciens la voûte est construite. Sa partie basse sert de débarcadère et de garage pour les bateaux ; l’étage est un vaste grenier. En 1649, dom Charles Brunel, prieur de l’abbaye, rapporte que les barques à sel (1) qui traversent le lac pour approvisionner la Savoie abordent à la grange batelière pour en tirer du rafraîchissement.

1244. Le pape Innocent IV, devant se rendre à Lyon, passe au Bourget puis est reçu à Hautecombe par l’abbé Burchard avec les 12 cardinaux qui l’accompagnent. Il reste six jours et arrive à Lyon en deux jours.

1271. Lors du retour en France du corps de saint Louis, l’abbé offre au roi de France et à ses barons des poissons du lac pour un montant de 21 livres. 1688. Pour la rédaction de l’acte d’état des bâtiments de l’abbaye, les hommes se rendent de Chambéry jusqu’à Grésine à cheval. De là, ils partent en bateau avec leurs chevaux pour Hautecombe. 1752. L’abbaye, après avoir été dirigée pendant presque 200 ans par un abbé commendataire, est rattachée par ordre du roi Charles-Emmanuel III au Chapitre de la Sainte-Chapelle de Chambéry. 1793. La Révolution vide l’abbaye de ses moines et une faïencerie est installée dans l’église jusque en 1807.

1824. Le roi Charles-Félix et la reine Marie-Christine rachètent les ruines de l’abbaye et confient la restauration dans le style troubadour à l’architecte piémontais Ernest Melano.

1827. Premières visites régulières de touristes à Hautecombe.

1831. Construction de la tour-phare. 1955. Installation du débarcadère près de la grange batelière. Le port se situait auparavant au sud du monastère. 1992. La Communauté du Chemin Neuf succède aux moines cisterciens puis bénédictins à l’abbaye.

Sandrine Philifert

1. Des entrepôts pour le stockage du sel en provenance de l’étang de Berre ou de Martigues, acheminé par bateau pour fournir la Savoie et le Léman, existaient au port de Seyssel.

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