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L’histoire - Les premières occupations humaines

lundi 20 mai 2013, par administrateur.
Mis à jour le mardi 25 juin 2013

Les premières occupations humaines sur les rives du lac

Poteaux et vestiges

Soumis aux changements du climat, le lac a vu, son niveau varier au cours des derniers millénaires. L’évolution du bassin lacustre et des conditions climatiques favorables ont donc permis le développement des installations littorales, les anciennes cités lacustres. C’est sur ces rivages peu profonds que l’on connaît, depuis le milieu du XIX’ siècle, l’existence de vestiges archéologiques faiblement immergés.

Si les nombreux objets récupérés lors des pêches aux antiquités ont permis l’identification de populations riveraines -les paysans du Néolithique et les métallurgistes de l’âge du Bronze , les prospections subaquatiques récentes et de nombreuses analyses ont précisé nos connaissances sur ces occupations littorales. Pour le lac du Bourget pas moins de 9 gisements néolithiques et 19 emplacements de l’âge du Bronze sont maintenant recensés. La chronologie des principales phases d’occupation peut être résumée de la manière suivante :

V• millénaire av. J.-C. Bien que les études climatiques montrent durant cette période, des épisodes de bas niveau du lac qui pouvaient être favorables aux installations, aucun indice archéologique n’est connu en bord de lac.

IV• millénaire av. J.-C. Une première phase d’occupation, par des agriculteurs du Néolithique moyen, est observée en rive ouest du lac. Des pilotis et des restes de la vie quotidienne de cette période ont été découverts à Saint-Pierre-de-Curtille/Hautecombe. Les datations dendrochronologiques, 3842 av. J.-C. et vers 3835 av. J .-C., confirment cette implantation, la plus ancienne actuellement connue. A Conjux/Marais de la Chatière, un autre gisement a livré des mobiliers lithiques et céramiques. Une dizaine de pilotis sont datés par la dendrochronologie : abattages en 3568 av. J.-C. et 3521 av. J.-C.

2eme• moitié du IV• millénaire av. J.-C. Au Néolithique moyen/récent, une intensification de l’occupation littorale est observée. Sur la rive ouest, à La Chapelle-du-Mont-du-Chat/Le Communal du Lac, quelques pilotis sont datés par le ’radiocarbone d’environ 3500 ans avant J.-C. En rive est, dans la baie de Grésine, à l’emplacement des trouvailles faites à l’occasion de la construction du chemin de fer en 1856, des pilotis sont également datés de cette période. A Saint - Pierre-de-Curtille/Hautecombe, quelques pilotis appartiennent à une phase plus récente que celle évoquée ci-dessus ; ils sont datés d’environ 3200 av. J.-C. et marqueraient le passage au IIIe millénaire.

1ere moitié du III• millénaire av. J.-C. À la transition Néolithique récent-final se confirment les installations littorales. Dans la baie de Conjux/Marais de la Chatière, des vestiges sont identifiés et datés d’environ 2800 av. J.-C. Des mobiliers céramiques et lithiques caractéristiques de cette phase ont aussi été découverts à Tresserve/Les Bourres où les pilotis sont datés d’environ 2700 av. J.-C. Une palissade de petits chênes est datée par le radiocarbone d’environ 2650 av. J.-C. à Brison-St-Innocent ! Chez Tournu ; elle borde le gisement de Mémars 1. Sur ce même emplacement, des niveaux sont préservés et des pieux sont datés par la dendrochronologie : phases d’abattage des bois entre 2595 av. J.-C. et 2529 av. J.-C.

Plus anciennes poteries du lac
Plus anciennes poteries du lac, début du IV’ siècle av. J.-c., Hautecombe, Saint - Pierre-de-CurtiIle [dessin O. Simonin, CNRAS]

2eme moitié du Ille millénaire av. J.-C. Au Néolithique final, les traces d’occupations sont toujours attestées, cette fois-ci sur des gisements sensiblement moins dégradés. C’est le cas à Conjux/La Chatière où des mobiliers caractéristiques sont conservés et des pilotis sont datés de 2440 av. J.-C. par la dendrochronologie. Sur la rive orientale, à Brison-Saint-Innocent/Chez Tournu, des phases d’abattage des bois sont reconnues entre 2582 av. J.-C. et 2475 av. J.-C. pour des pilotis de la zone sud. Sur ce gisement, le mobilier céramique découvert montre des influences culturelles jurassiennes et helvétiques.

Fin du Ille millénaire av. J.-c. Les vestiges de la transition Néolithique final Campaniforme sont rares. Quelques objets anciennement récoltés hors contexte pourraient s’y rattacher. Récemment, les prospections réalisées à Brison-Saint-Innocent/Chez Tournu ont mis au jour une palissade perpendiculaire au rivage ; elle est datée d’environ 2050 avant J.-C. et marquerait la fin des habitats palafittiques de la Préhistoire.

André Marguet

Bibliographie

A. Marguet. Savoie, lac du Bourget. Elaboration de la carte archéologique des gisements du lac du Bourget, in Bilan scientifique 2000 du DRASSM, n026. DRASSM-Eaux intérieures. Travaux et recherches archéologiques de terrain, Rhône-Alpes. Paris, Ministère de la Culture et de la Communication, Direction de l’Architecture et du Patrimoine, sous-direction de l’Archéologie, 2002, p. 117-137.

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