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L’histoire - Thermalisme, villégiature et tourisme au XIXe siècle

lundi 20 mai 2013, par administrateur.
Mis à jour le samedi 22 juin 2013

Les thermes albertins. Archives municipales d’Aix-les-Bains

Le parc du Casino vers 1860

Site romantique par excellence, par son double caractère sauvage et civilisé, le Lac du Bourget attire dès le Premier Empire d’augustes visiteurs venus « prendre les eaux » d’Aix-les-Bains. Celle-ci n’est encore qu’une bourgade viticole, dont l’activité thermale se développe timidement, depuis la construction des premiers thermes en 1787. Les Napoléonides qui y séjournent alors, Laetitia et Pauline Bonaparte, la reine Hortense et son jeune fils Louis-Napoléon, les impératrices Joséphine puis Marie-Louise, demeurent des personnalités isolées.

Si Lamartine immortalise le premier le cadre du lac, d’autres gloires littéraires, Georges Sand à Bourdeau, Alexandre Dumas ou Honoré de Balzac à Aix, chantent aussi ses beautés sans s’y attarder.

C’est le site des sources thermales, au pied du Revard, qui devient peu à peu le site de villégiature privilégié de cette « gentry », et l’activité thermale tourne quasiment le dos au lac dans cette première moitié du siècle.

Bien sûr, la restauration sarde, la venue sur les rives du lac des rois Charles Félix (1821-1831), qui relève de ses ruines l’abbaye d’Hautecombe de 1824 à 1826, puis Charles-Albert (1831-1849) qui agrandit les thermes, en même temps que se mettent en place de vraies infrastructures portuaires et ferroviaires, sont bénéfiques pour la fréquentation du site, qui demeure cependant très confidentielle.

Costumes traditionnels des bords du lac du Bourget vers 1850. Archives municipales d’Aix-les-Bains

1850. A partir de cette date, Aix-les-Bains va connaître un extraordinaire essor thermal, qui fait d’elle une des premières stations européennes : nouveaux aménagements des thermes, construction du Casino Grand-Cercle, qui succède au « cercle des étrangers » installé au Château d’Aix en 1824, et va connaître jusqu’à l’aube du XXe siècle des extensions grandioses. L’urbanisme aixois est en plein essor …

1851. Construction du Grand Hôtel 1882. Premier club nautique d’Aix. 188lJ. Construction du Splendid. 1885. Construction de la Villa des Fleurs. « La prise des eaux » estivale est dans la saison mondaine passage obligé : on suit la cure thermale bien sûr, mais l’on vient surtout à Aix et sur les rives du lac pour se distraire, participer aux diverses activités proposées : les jeux des casinos bien sur, les spectacles, les fêtes nautiques aussi dès la fin du siècle.

On connaît les plus célèbres de ces visiteurs, la reine Victoria en tête. C’est un parterre de têtes couronnées, mais souvent d’aristocrates, de capitaines d’industrie, avec une forte cohorte britannique.

Les rives du lac, très marécageuses côté Aix, sont peu à peu aménagées pour l’agrément de cette clientèle et l’accueil des premiers bateaux à vapeur. Quelques activités nautiques se développent : aviron, voile-promenade, baignade à partir de 1882 (premier club nautique d’Aix). Néanmoins, la population locale, sauf celle qui vit spécifiquement du lac (pêche, batellerie) continue de tourner le dos au lac, et en conserve une mauvaise image.

Ce paradoxe va d’ailleurs perdurer une bonne partie du XXe siècle, et l’aménagement touristique en pâtira beaucoup.

André Liatard

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