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La Boj’plongée

dimanche 26 mai 2013, par administrateur.
Mis à jour le dimanche 26 mai 2013

On m’avait dit « tu vas voir c’est sympa… »

Du coup, bonne pomme, je me suis inscrite ! C’est surtout les diots d’après plongée qui ont finis par me convaincre…« La beauj’plongée » : « ou comment trouver un prétexte pour boire du beaujolais nouveau… » Tout un programme.RDV au club 18h30. Pas de soucis. Je choppe Anne qui sort en courant d’un conseil de classe, direction Aix les bains avec le coffre rempli de gâteaux, bouteilles et matos de plongée. On se démaquille à un feu rouge, on enfile les palmes dans le dernier virage. Il fait froid à pierre fendre, on va plonger, chercher l’erreur.On arrive à 18h35, pensant être à l’heure, en fait non. Le RDV était à 18h00, et tout le monde nous attendait en combi totalement gelé par les températures négatives.

Vite, vite la bouteille, on s’équipe, on grée. Bien sur j’oublie mes plombs, je les récupère, je perds ma bouteille dans le noir (Anne l’ayant judicieusement déplacée mais ne se rappelant plus où…) bref, on fini par partir à la lueur des frontales. Et oui, c’est une plongée de nuit !

Le bateau s’enfonce dans le froid et l’obscurité. Qu’est ce qu’on ne ferait pas pour des diots ! Les premières palanquées se jettent à l’eau. La lueur phosphorescente de leur phare éclaire l’eau l’espace d’un instant. Puis plus rien. Le lac les engloutit les uns après les autres. On reste seul sur le bateau dans le froid et le silence. Nous faisons la sécu surface, on plongera en deuxième tour. La nuit se fige, les étoiles brillent d’un éclat métallique, le pont commence à glacer. Le froid transperce la combi étanche, les palmes dérapent et ça fait quelques minutes que plus personne ne parle.

Les premiers plongeurs remontent et on saute.

Sensation étonnante de chaleur autour de soi dans une eau à 9°C. On descend, 6m, 10m, 17m ce sera le max pour cette plongée. Au début, je ne vois pas grand-chose. J’essaye de ne pas perdre ma palanquée dont je ne distingue que deux faisceaux de lumière qui balayent les feuilles à la recherche des géants endormis. Un doute me saisit : est-ce vraiment raisonnable d’aller titiller les monstres cachés sous le lit… Tout s’arrête. J’en vois un puis deux ; énormes, gigantesques, jéroboams de sandres endormis sur les feuilles. La plongée nous en fera rencontrer une petite dizaine et aussi quelques brochets qui n’apprécient que moyennement les caresses de Christophe. En voyant ces mastodontes, on oublie le froid, le noir, la peur. On ouvre les yeux et on contemple en silence la vie.

Et là, c’est le drame, tout bascule ! Une fausse manœuvre avec mon inflateur gonfle ma combi étanche et je décolle à mach 12 par les pieds pour crever la surface quelques mètres plus haut. De nuit, j’espère que personne ne voit mes palmes qui s’agitent….Ensuite retour au bateau où tout le monde est transi et n’attend plus qu’une chose : une doudoune et un verre de vin. Les diots/polenta sont succulents, le beaujolais est nouveau et tout le monde rayonne du bonheur simple de se retrouver ensemble.

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