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La dermatite des nageurs ou "puce de canard"

jeudi 1er août 2013, par administrateur.
Mis à jour le mercredi 22 juin 2016

On observe depuis une dizaine d’années une recrudescence et une extension des foyers épidémiques de dermatite des nageurs (DN) sur l’ensemble des pays d’Europe, et au cours de la dernière décennie passée (1990-2000), deux ou trois épisodes ont été répertoriés en France.

Origine

La dermatite des baigneurs, (improprement appelée " puce du lac ") est due à la pénétration à travers la peau des baigneurs des larves " nageuses ", appelées cercaires de certains parasites. Ces larves infestant certains oiseaux et certains mollusques. Les conditions printanières et estivales semblent favoriser l’extension du phénomène parasitaire.

Conséquences sur la santé

La dermatite du nageur est une affection cutanée passagère pouvant être à l’origine d’allergies. Cette affection généralement bénigne, même si la réaction est souvent violente.

La dermatite se manifeste aussitôt après la baignade par des picotements aux points de pénétration des larves. Peu après, apparaissent sur la peau de petites plaques rouges et des vésicules qui persistent cinq à quinze jours sans laisser de traces, mais qui peuvent provoquer des démangeaisons importantes. Ces éruptions sont localisées sur les parties du corps non couvertes par les maillots de bain.

A l’occasion d’une nouvelle exposition, les lésions peuvent être accentuées par une réaction d’hypersensibilité (phénomène d’allergie).

Conseils sanitaires

Pour lutter contre la dermatite du nageur, aucune mesure de protection individuelle destinée à empêcher la pénétration cutanée des larves n’a été réellement validée. L’utilisation d’un répulsif entrant dans la composition de certains produits anti-moustiques aurait une action contre les larves. Pour réduire les risques, la prise d’une douche après la baignade, le séchage vigoureux du corps avec une serviette après le bain diminuerait les risques. Il semble, en effet, que les larves restent quelque temps à la surface de la peau avant d’y pénétrer.

En cas d’apparition des symptômes de la dermatite des nageurs, il est conseillé de consulter un médecin ou de se rendre dans une pharmacie pour recevoir un traitement symptomatologique adapté : application locale de pommades anti-inflammatoire (dermocorticoïdes) ou, en cas de surinfection, d’acide fusidique. Ces traitements entraînent une régression rapide des lésions. La pause de glace sur les zones touchées, dès l’apparition des premiers signes, procure un soulagement immédiat.

 L’ÉTIOLOGIE DE LA DERMATITE DES NAGEURS

La dermatite des nageurs est une affection passagère due à la pénétration cutanée de parasites au stade larvaire (les furcocercaires) appartenant à la famille des trématodes du genre trichobilharzia qui regroupe plusieurs espèces.

Le cycle parasitaire habituel comprend :
Un hôte définitif, mammifère aquatique ou espèces aviaires aquatiques (canards, cygnes… souvent mis en cause), qui héberge les parasites adultes dans leurs viscères. La durée d’hébergement reste mal connue. Les œufs de trichobilharzia sont renvoyés dans le milieu aquatique, éclosent et donnent les premières larves (les myracidium). Celles-ci ne survivent que quelques heures dans l’eau et doivent donc très rapidement rencontrer à proximité l’hôte intermédiaire.
et un hôte intermédiaire, un mollusque de type lymnées (escargots) dans lequel le parasite continue son cycle de vie et dont la durée d’hébergement est mal connue. A un moment donné, l’escargot va émettre par sa bave les deuxièmes larves de parasites (les furcocercaires) qui comme les premières ne survivent que quelques heures dans le milieu extérieur et doivent rencontrer le plus rapidement possible leur hôte définitif (un oiseau aquatique, un mammifère) pour continuer leur cycle de vie.

Il semblerait que ce cycle soit permanent, sans période préférentielle pour son démarrage.

 DESCRIPTION DE LA DERMATITE DU NAGEUR

L’homme n’est qu’un hôte accidentel dans le cycle du parasite pour lequel il constitue une impasse au développement. En l’état actuel des connaissances scientifiques et médicales les larves franchissent la barrière cutanée mais ne migrent pas plus avant dans l’organisme et meurent sur place.

On observe deux types de réactions :
Primo infection qui passe souvent inaperçue et qui se traduit par un prurit passager suivi de l’apparition de macules débutant peu de temps après la sortie de l’eau et qui peut persister 24 heures,
Réinfections traduites par des démangeaisons franches et intermittentes suivies d’apparition de papules très prurigineuses.

La symptomatologie est toutefois très variable en fonction des individus et au fur et à mesure des réinfections, les symptômes peuvent s’accroître en intensité et en rapidité d’installation. Le traitement est assuré par application de crèmes antihistaminiques ou de corticoïdes locaux sur les zones touchées.

 MESURES DE PROPHYLAXIE ET DE CONTRÔLE

Pour l’instant la dermatite cercarienne est considérée comme une affection cutanée bénigne ne présentant pas, compte tenu des connaissances actuelles, un risque pour la santé des populations et ne constitue pas en soi un enjeu majeur de santé publique.

Compte tenu de la gêne provoquée chez le baigneur en pleine saison touristique, un certain nombre de mesures de prévention destinées à la réduction du risque, en dehors de l’interdiction de baignades, ont été mises en place portant sur deux aspects :
mesures visant à rompre le cycle du parasite,
mesures visant à protéger les baigneurs.

ACTIONS SUR LE CYCLE DU PARASITE

Bien que le cycle de vie du parasite ait été préalablement décrit, le phénomène est encore mal connu dans son détail ne permettant pas de préciser l’engagement et la portée des actions à mettre en œuvre. Ainsi les zones d’incertitude portent entre autres sur les points suivants :
Influence et particularité de l’écosystème local (présence de roselières…) et de la topographie des plages (fonds vaseux…),
Méconnaissance des conditions de survenue du phénomène (au-delà des effets climatiques),
Méconnaissance de l’évolution du phénomène d’une année sur l’autre.

Les actions concernant les mollusques consistent :
au ramassage manuel ou au filet des escargots par des plongeurs,
à des essais de déstabilisation par chalutage du milieu,
à l’écrasement et au broyage des escargots au moyen d’un véhicule amphibie de hersage.

Les actions concernant les volatiles consistent à des prélèvements d’échantillons destinés à mesurer leur niveau de contamination par le parasite et à des arrêtés municipaux pris par certaines communes relatifs à l’interdiction d’apport de nourriture à la faune sauvage pour éviter la sédentarisation des espèces.

ACTIONS SUR LES BAIGNEURS

Des essais de crèmes protectrices destinées à éviter la pénétration cutanée du parasite ont été conduits sans résultats probants.

Les actions sur les baigneurs ont consisté essentiellement à assurer le plus largement possible l’information du public sur les actions préventives comme :

  • Préférer la nage en eau profonde,
  • Ne pas séjourner trop longtemps dans l’eau,
  • Respecter les zones délimitées par la baignade,
  • S’essuyer énergiquement dès la sortie de l’eau avant de prendre sa douche,
  • Equiper les plages de points de douches collectives.

La chasse à la puce du canard est lancée au lac du Bourget

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