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Le tombant de Duingt

dimanche 26 mai 2013, par administrateur.
Mis à jour le dimanche 26 mai 2013

 Note explicative

Pour ceux qui ne connaissent pas notre belle région, elle est divisée en deux parties. Comme dans toute famille qui se respecte, l’une a tout pris ne laissant que les miettes à l’autre. C’est pour cela que la Savoie est incomparablement plus belle que la Hiaute, notre lac est plus grand, plus profond et au combien plus passionnant.

Pourquoi ce préambule ? Simplement pour poser les causes profondes d’une plongée qui allait être de m…. ou naze, ou nulle, ou à c…. enfin un truc que même un N1 a honte de mettre dans son carnet. (D’ailleurs aucun moniteur digne de ce nom ne peut valider une plongée effectuée dans une baignoire d’eau froide). Mais retournons un peu dans le passé….

Dimanche 24 juillet 2005, 6h30, Bip, bip, bip, bip… (Cri du réveil impatient).

Blam (bruit de la correction que je viens de passer au réveil impatient, non mais dis, c’est qui le maître !).

Ouverture de l’œil droit, super il pleut, ça commence bien pour notre safari en terre étrangère. Préparation d’un café qui ce matin me semble encore plus immonde que d’habitude, y a pas à dire, c’est la fête. Préparation du matériel et direction le club et tous les inconscients qui imaginent que cette journée va être bonne.

Lieu : devant le club, un petit matin blême, tous le monde est en retard (sauf Georges en train de piquer un gros roupillon dans sa voiture), ça continue. Distribution du matériel, et c’est parti.Huit cent mètres plus loin bzii bzii (z’avez déjà essayé de faire le son du vibreur d’un portable ?? ). Bzii bzii donc.

  • " Allo, Ed ?? " (Ho p….n Nicolas, il me veut quoi ??)
  • " Mouai, yakoi ?? "
  • " J’ai plus de bagnole et personne au club me répond "
  • " J’arrive, t’habites où ?? "

Suit une explication que même un GPS japonais de la dernière génération ne pourrait comprendre. C’est bon, non seulement je suis reconverti dans le transport animalier mais en plus je vais me paumer dans la cité des Ducs (Chambé’ pour ceux qui n’ont pas de culture et y’en a). Allez, tout s’est bien passé, je l’ai trouvé, embarqué dans mon carrosse doré (heu non, pas ça), ligoté avec la ceinture de sécurité, terrorisé en roulant vite sur l’autoroute et comme un pied en ville et nous voilà à pied d’œuvre.

C’est chouette, y a un petit parking à proximité, vide qui de plus est. On vautre nos chaaars (voiture en québécois), on jete notre matériel en vrac, en tas, en boule à la façon vieux plongeur. A ce moment là, je me disais " chouette tout s’arrange ". Je commence à m’équiper, met la combinaison, la ferme. Lourde erreur, une voiture se pointe, se range, un petit vieux en sort, aimable comme une porte de prison (ou pire, comme l’aubergiste un jour de pleine lune).

  • " C’est privé là, c’est mon parking à moi, mon mien que je partage pas "
  • " Bonjour Monsieur… "
  • " C’est privé là, c’est mon parking à moi, mon mien que je partage pas "
  • " Ce n’est pas grave…. "
  • " C’est privé là, c’est mon parking à moi, mon mien que je partage pas "
  • " ..

Super, le vieux il bugue et tourne en boucle, je vais lui vendre un contrat de maintenance. Bien un Haut savoyard ça. N’empêche que l’obstination de Monsieur " C’est privé là, c’est mon parking à moi, mon mien que je partage pas " ne m’arrange pas, me voici obligé de garer mon fringant destrier (ma bagnole en fait) à un Parsec de là (1 parsec = 3,26 Année lumière. = 3,085×10 puissance 16 mètres = 30 850 000 000 000 km), en somme, très loin. En plus, vous avez déjà conduit avec une combinaison étanche fermée ?

Après une suée monumentale, me voici à pied d’œuvre, bloc presque gonflé, il a fuit dans le coffre de la voiture et d’un fier 210 bars se retrouve à un mièvre 150 bars. Pas grave, ce n’est pas dans le lac d’Annecy que l’on va faire une profonde. Mes équipiers du jour, Georges (Georgeus Imperator, ça vous rappelle rien ?) et Claire, grenouille réincarnée. Mini briefing sur le site et c’est parti. Parait qu’il y a un tombant, ce qui serait bien, c’est de le trouver mais apparemment, ce n’est pas gagné. Une pente de vase comme celle de la crépine (c’est bien la peine de venir de si loin), une visi type potage 7 légumes, pas de vie, ce n’est pas possible, on s’est trompé, on plonge dans le lac du Bourget. Ce qui est bien dans ce voyage, c’est que l’on n’est pas dépaysé. 38 minutes à se balader entre les arbres posés au fond, à barboter, à faire les ânes, à traumatiser une écrevisse, à faire des signes que personne ne comprend et surtout à palmer pour faire le tour de ce château qui aurait été sûrement mieux s’il avait été plus petit. Retour surface, palmage, retour à la plage. Nous sommes les premiers, cool, toutes les palanquées ne sont pas parties, on va leur saper le moral à la base niark niark.

  • " C’était comment ?
  • " Boaf "
  • " Et l’eau ? "
  • " Ben, y a une visi de merde et elle est d’un froid, au fond elle était à cinq degrés, en plus, on n’a rien vu, vraiment une plongée plus que nulle….. "

Bref, fin de plongée, retour à la voiture. Je me prends à rêver. " Capitaine Kirk, mission achevée, téléportation " manque de bol y a que dans Star Trek que cette phrase fonctionne, je déteste ma vie parfois… En plus, j’ai vraiment l’air con à marcher le long de cette route en étanche avec un bi sur le dos. Déséquipement, j’enfile mon déguisement de touriste de base (c’est marrant, j’ai toujours l’air con) et c’est parti pour un petit casse croûte improvisé dans la pelouse le long du lac, finalement, le meilleur moment de la journée.

 La moralité de cette histoire : le lac d’Annecy, c’est vraiment un étang.

Ed

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