Accueil > Le coin biologie > Les poissons du lac > Les poissons - L’ablette

Les poissons - L’ablette

mercredi 25 décembre 2013, par administrateur.
Mis à jour le samedi 15 novembre 2014

Classification et description

Classification

L’ablette
L’ablette (Alburnus alburnus)

  • Règne Animalia
  • Embranchement Chordata
  • Sous-embr. Vertebrata
  • Super-classe Osteichthyes
  • Classe Actinopterygii
  • Sous-classe Neopterygii
  • Infra-classe Teleostei
  • Super-ordre Ostariophysi
  • Ordre Cypriniformes
  • Famille Cyprinidae
  • Genre Alburnus

Nom binominal

Alburnus alburnus
(Linnaeus, 1758)

Autres noms

able (à ne pas confondre avec l’able de Heckel qui est une espèce à part entière), blanchet, dormelle, gardon blanc, gobio, lorette, mirandelle, rondin, vengeron, bibelet

  • Poids maximum : 250 g (15 à 50 g en moy.)
  • Taille maximale : 20-25 cm (moy. 10 à 18 cm)
  • Durée de vie : 6-7 ans
  • Période de frai : Avril à Juin - eau à 15°C
  • Ponte : 5 000 à 7 000 oeufs

Habitat

L’ablette est très répandue en Europe Centrale. Elle est absente des régions septentrionales (Norvège, Finlande et Irlande) et des régions méridionales (Portugal, Espagne, Italie centrale,…).
Ce poisson vit en bancs plus ou moins grands dans les eaux claires, lentes et non stagnantes. Il évolue le plus souvent proche de la surface, toujours en mouvement, et sur la défensive.
On le trouvera donc en rivière et dans certains lacs.
La présence de l’ablette est un signe de bonne qualité des eaux.

Ce petit poisson et ses deux cousins, l’able et le spirlin, pullulaient dans les fleuves et rivières à débit important, ainsi que dans certains lacs, La pollution a malheureusement causé des ravages et l’ablette est devenue rare en France. L’ablette, poisson grégaire, inféodé aux grandes eaux, attend sa pitance du courant. D’octobre à mars, elle exploite les couches inférieures de son habitat et d’avril à septembre les couches supérieures. Elle se reproduit en mai-juin, La femelle pond des œufs adhérents qui incubent entre huit et quinze jours.

L’ablette évolue entre deux eaux et en surface, donc au niveau des poissons chasseurs, Cela indique ses préférences pour les nourritures d’origine animale. En été, elle gobe en surface moucherons et fourmis ailées, en tout temps asticots et vers de vase, En hiver, les bestioles se faisant rares, l’ablette exploite le végétal et tous les débris comestibles issus des égouts ou mis en mouvement par les crues. L’ablette hante les courants lents des rivières rapides et les courants rapides des rivières lentes. On voit les ablettes se concentrer dans les déversoirs des moulins, en aval des radiers, à l’embouchure d’un ruisseau aux eaux vives, En été, l’ablette préfère le plein courant au milieu de la rivière, mais en hiver, et si les eaux sont en crue, elle cherche un abri relatif et des eaux plus tièdes contre les berges.

Régime alimentaire

L’ablette est un poisson omnivore qui chasse surtout en surface où il trouve insectes, vers, larves d’insectes aquatiques et aériens, mollusques, algues,…
La présence de l’ablette est souvent révélée par de multiples et incessants gobages de poisson en surface, en particulier à l’aube et au crépuscule, surtout au printemps et en été.
A noter toutefois que lorsque les eaux sont froides ou le temps très couvert, les ablettes peuvent chasser près du fond ou entre deux eaux.
L’ablette est un poisson très vorace, extrêmement actif au lever et coucher du soleil mais dont l’activité alimentaire perdure toute la journée.

Reproduction

Les ablettes atteignent leur maturité sexuelle vers l’âge de 3 ans. La période de ponte s’étend entre avril et juin dans des eaux à 14 ou 15°C.
La femelle peut pondre entre 5000 et 7000 oeufs en plusieurs pontes qu’elle déposera sur la végétation immergée ou sur les fonds peu profonds.
La fécondation des oeufs est externe et l’ablette mâle, en période de reproduction, se couvre de tubercules nuptiaux sur le dos et les flancs. Ses nageoires prennent une coloration orangée.
La période d’incubation est de 2 ou 3 semaines. La croissance des alevins est très lente et ceux-ci se nourrissent principalement de plancton.

Des hybridations sont possibles entre l’ablette et d’autres cyprinidés comme le Chevaine, le Gardon, le Rotengle ou la Brème.

Autres infos

C’était au XVII e siècle. Un fabricant de boutons de nacre et de chapelets ou « patenôtrier » parisien nommé Jacquin remarqua, lorsqu’il lavait des ablettes, qu’un dépôt de couleur argentée apparaissait au fond du récipient. Il imagina alors de recouvrir ce précipité (qu’il appela par la suite essence d’Orient) et qui ne cédait en rien à l’éclat de la plus belle des nacres, sur des petites boules d’albâtre, puis sur des boules de verre.

Par la suite, il introduisit cette liqueur à l’intérieur même desdites boules préalablement soufflées.

Les fausses perles étaient beaucoup moins chères que les vraies.

4 000 ablettes fournissant 500 grammes d’écailles et un quart seulement de ces dernières donnait ledit précipité. Pour obtenir 500 grammes de « liqueur d’Orient », il fallait donc recueillir quelque 18 000 à 20 000 poissons. Ajoutons enfin que l’on ne pouvait utiliser les écailles du dos, brunâtres, donc très faibles en matières colorantes.

Comme il lui fallait donc la matière première, c’est-à-dire les écailles, Jacquin fit appel aux pêcheurs de Saône afin de se les procurer. C’est ainsi que de nombreuses pêcheries s’établirent le long de la rivière.

Il faut dire qu’à cette époque ces petits poissons, vivant en groupe, nageaient à la surface pour y chasser les insectes : ils étaient très curieux et très voraces donc faciles à attraper dans des carrelets ou « carrés ».

On avait remarqué que les meilleures époques étaient au printemps et à l’automne après une crue de la rivière.

En 1758, un marchand du faubourg de Sainte-Marie du nom de Jean Lavrand eut l’idée, lui aussi, de recueillir ces écailles pour son profit personnel : on lui en envoya d’un peu partout.

Il suffisait de laver les écailles dans de l’eau salée, les égoutter sur des claies, les ranger dans des pots de terre vernissés : un lit de sel blanc, un lit d’écailles, etc. Le tout recouvert d’un linge mouillé et prêt à l’expédition.

Cette liqueur source de revenus

Il les faisait alors parvenir à Paris chez un dénommé André Humbert Hautecoeur, émailleur de profession.

Vers 1777, à l’opposé de la ville, s’établit dans le quartier Saint-Jean-de-Maisel (côté Saint-Cosme) une fabrique de fausses perles. Le secret de fabrication devint un secret de polichinelle et presque tous les pêcheurs des bords de Saône savaient préparer cette « liqueur » source de revenus non négligeable. Il suffisait ensuite de la faire tomber goutte à goutte sur du fil de fer tournant à très grande vitesse.

En 1817, une marchande de poissons chalonnaise, la veuve Pernet, passa un marché avec Pierre Mazilly, ancien tonnelier de Tournus, touché par la mévente des vins, par lequel ce dernier s’engageait à fournir des écailles bien conditionnées provenant d’ablettes soit pêchées par lui-même soit par d’autres à la condition de ne les livrer qu’à la dame Pernet, à peine de 100 francs de dommages.

En retour, la dame Pernet s’engageait à lui payer sept francs la livre d’écailles pendant les quatre années qui commenceront en 1818 et finiront donc en 1822.

Mais la diminution des ablettes en Saône fit péricliter ce commerce au profit d’autres rivières telles la Moselle, le Rhin où elles étaient en abondance.

NB. Texte effectué d’après une étude d’Albert Bernard.

Photos

L’ablette (Alburnus alburnus)
L’ablette a un corps allongé et recouvert de petites écailles d’un éclat argenté très vif.

télécharger l'article au format PDF télécharger l'article au format PDF Version imprimable de cet article Version imprimable

Calendrier