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Les poissons - L’aspe

jeudi 26 décembre 2013, par administrateur.
Mis à jour le samedi 15 novembre 2014

Classification et description

Classification

L
L’Aspe
L’Aspe (Aspius aspius)
  • Règne Animalia
  • Embranchement Chordata
  • Sous-embr. Vertebrata
  • Super-classe Osteichthyes
  • Classe Actinopterygii
  • Sous-classe Neopterygii
  • Infra-classe Teleostei
  • Super-ordre Ostariophysi
  • Ordre Cypriniformes
  • Super-famille Cyprinoidea
  • Famille Cyprinidae
  • Genre Aspius

Nom binominal

Aspius aspius
(Linnaeus, 1758)

  • Poids maximum : 15 kg (3 kg en moy.)
  • Taille maximale : 1 m (50 à 75 cm en moy.)
  • Durée de vie : 15 ans
  • Période de frai : Avril-Mai - eau à 6°C
  • Ponte : 65 000 environ

L’Aspe (Aspius aspius) est un poisson d’eau douce de la famille des cyprinidés, cousin de la Carpe.

Il a une très grande ressemblance avec le chevesne. Originaire du Danube, ce poisson colonise depuis 20 ans le bassin du Rhin dans lequel il est entré via le percement du canal du Main. Présent actuellement dans l’Ill, le canal du Rhône et de la Marne au Rhin, il va probablement continuer son implantation vers l’ouest dans les années à venir.

Biologiquement c’est un prédateur chassant à la surface des eaux des poissons blancs de petite taille, ablettes et gardons, il peut atteindre 80 à 90 cm pour un poids de l’ordre des cinq kilogrammes mais au vu de sa présence récente, on n’a pas encore suffisamment de recul et il est probable que dans un futur proche on voit des spécimens de plus grandes tailles encore. Sa pêche est sportive car il a grosse défense, faite de rush et de saut, d’autant qu’il ne dédaigne pas vivre dans les forts courants.

Autres infos

Par Jean-Marc Theusseret

Signalé pour la première fois en 1972 dans le département du Bas-Rhin, l’aspe (Aspius aspius, Linné 1758) se conduisit en arlésienne jusqu’au début des années 2000, comme avant lui le sandre et le silure.Voyageurs clandestins, ces trois espèces ont migré discrètement, via les canaux, depuis le bassin du Danube pour rejoindre le Rhin franco-alémanique. A la fin des années 1990, le Conseil supérieur de la pêche (CSP) le recense sur six des sept stations (essentiellement des passes à poissons) des rivières Lauter, Sauer, Hot, Modern Rossmoerder, l’Ill et bien sûr celle du Rhin canalisé (grand canal d’Alsace). Bien qu’il soit difficile d’expliquer pourquoi une espèce nouvelle dans un milieu peut rester en “sommeil” durant plusieurs décennies avant de se développer de façon spectaculaire, il semblerait que les années de fortes chaleurs soient favorables au développement de l’aspe. Selon les pêcheurs alsaciens, l’été caniculaire de 2003 fut le déclencheur de son développement massif dans l’Ill à Strasbourg. Comme tous les cyprinidés, l’aspe se nourrit et se déplace lorsque les eaux se réchauffent. Les trois derniers étés que nous venons de vivre, particulièrement secs et chauds dans l’Est de la France, pourraient donc parfaitement donner lieu à une nouvelle phase d’expansion.

Développement de l’espèce

Depuis qu’il a colonisé le Rhin sur la quasi-totalité de son cours canalisé, mais également son lit originel (vieux Rhin), l’aspe peut compter sur les canaux pour conquérir de nouveaux territoires : celui de la Marne au Rhin où il est de plus en plus signalé par les pêcheurs au coup qui prennent des individus juvéniles et celui du Rhône au Rhin, où il semble en revanche bloqué depuis presque dix ans dans la banlieue est de Mulhouse. Ce canal de type Fressiney, littéralement bleu d’ablettes (sa nourriture préférée), semble ne pas convenir à sa migration. Les innombrables écluses entre Dannemarie et Belfort, les sections vidangées en hiver, constituent un frein à son chemin vers le Doubs tout proche (Valentigney). Le Doubs est un cours d’eau où l’aspe se développerait sans aucun doute de façon spectaculaire. Les courants alternent avec les parties calmes et les ablettes s’y comptent par millions. L’aspe semble absent des eaux du Doubs, mais il faut cependant noter qu’un très beau spécimen a été pris il y a quatre ans dans le département du Jura par un pêcheur professionnel qui l’a fait identifier par l’Onema. Il s’agissait d’un individu adulte de trois kilos. S’agit-il d’une introduction sauvage ou du signe avant-coureur d’une colonisation à venir ? Mystère. Sa présence signalée (mais à vérifier) dans la Saône pose les mêmes questions. La réapparition du projet du canal Rhin-Rhône à grand gabarit via le bassin de la Saône et de ses canaux bouleversera encore la donne si ce projet pharaonique et déraisonnable voit le jour. Ce canal, qui s’inscrit dans la liaison Seine-Europe constitue la priorité nationale en matière de navigation fluviale. Il nécessitera la construction d’un ouvrage de 200 km entre Saint-Jean-de-Losne (rivière Saône, Côte-d’Or) et la Moselle dans les environs de Nancy, avec une échéance fixée à 2014. Quatre tracés très différents, qui passeraient soit par la Haute-Saône, la Haute-Marne ou les Vosges, sont actuellement à l’étude. Sur la Moselle justement, l’aspe est bien représenté, mais les pêcheurs notent une stabilisation, voire un léger déclin de l’espèce suite à son « explosion » qui date d’un peu moins d’une dizaine d’années. Notre poisson est également signalé de plus en plus fréquemment sur la Loire du côté de Blois notamment où les pêcheurs prennent surtout des aspes juvéniles en pêchant la perche et le brochet à la cuiller. La basse Loire est un fleuve qui convient parfaitement à son développement, mais il s’agirait probablement là d’une introduction illégale, réalisée par les pêcheurs, où peut-être d’une “erreur” lors d’un alevinage en cyprins, ce qui semble moins probable.

Photos

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L’aspe (Aspius aspius)
L’ Aspe a un corps allongé, légèrement comprimé latéralement. Sa bouche est assez grande et orienté vers le haut, avec la mâchoire inférieure un peu plus longue que la supérieure. Il a un profil de prédateur. Son dos est gris-vert, ses flancs ont des reflets jaunes et son ventre est blanc. Ses nageoires sont grises à brunes et parfois à peine rougeâtres.
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