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Les poissons - La blennie

mardi 21 mai 2013, par administrateur.
Mis à jour le lundi 15 août 2016

Classification et description

Classification

La Blennie fluviatile
La Blennie fluviatile
La Blennie fluviatile (Salaria fluviatilis)
  • Règne Animalia
  • Embranchement Chordata
  • Classe Actinopterygii
  • Ordre Perciformes
  • Famille Blenniidae
  • Genre Salaria

Nom binominal

Salaria fluviatilis
(Asso, 1801)

Autres noms

Blennie, Blennie de rivière, Blennie d’eau douce, baveuse

Description

La blennie fluviatile (ou baveuse) est un poisson qui vit dans les eaux douces dans la partie méridionale de la France. Sa limite nord est le lac d’Annecy. Le genre Salaria comprend quatre espèces, deux marines (S. basilisca, S. pavo) et deux fluviales (S. economidisi, S. fluviatilis). La seconde espèce d’eau douce, le Salaria economidisi, endémique au lac Trichonis en Grèce est actuellement en danger critique d’extinction.

Origine du nom : du grec « blenna » ce qui signifie mucus.

le corps est allongé. Elle mesure de 8 à 12 cm. Elle est de couleur brun-vert, ses flancs étant jaune-vert avec des points noirs. Elle a un corps élancé avec de longues nageoires dorsales et anales. La nageoire dorsale est très longue. La peau sans écailles est visqueuse.

Habitat

dans les eaux des lacs, canaux et ruisseaux lents à cailloux, galets et rochers.

Alimentation :

carnassier, ses mâchoires sont pourvues de dents puissantes.

Reproduction :

D’avril à juin.

Dimorphisme

Le mâle adulte porte une crête sur la tête et deux papilles en avant de la nageoire anale.

Comportement

Le Salaria fluviatilis est un poisson territorial qui se cache généralement sous les pierres et se nourrit de petites proies vivantes. Il atteint sa maturité au bout d’environ un an. C’est un poisson qui apprécie les eaux vives à l’âge adulte.
L’espèce peut être reproduite en aquarium. Comptez 200 litres pour maintenir un groupe d’une dizaine de spécimens. Les paramètres de l’eau sont particulièrement importants, l’espèce étant très sensible à la pollution

Autres informations

La blennie fluviatile, bioindicateur idéal de la pollution des rivières

La petite bête ne mesure guère plus de douze centimètres. Mais est au centre de toutes les attentions d’un groupe de chercheurs franco-québecois. L’un d’eux, Martin Laporte, originaire de Montréal et étudiant en doctorat à Montpellier, s’est penché pendant un mois sur la blennie fluviatile du côté de Pirio, près de Manso, en Balagne. Ce poisson présent dans la quasi-totalité de nos rivières serait, selon les spécialistes qui travaillent sur son cas depuis trois ans, un formidable indicateur de la pollution des cours d’eau.

Particulièrement sensible à la bactérie E.coli

« Nous avons remarqué que les populations de blennie varient sensiblement à la moindre pollution », explique le jeune chercheur. Et seraient très sensible à une bactérie que l’on connaît bien désormais : l’Escherichia coli ou E.coli présente dans les déjections. On savait la truite endémique ou l’anguille déjà très sensibles. « Mais la blennie, plus abondante, permet une constatation beaucoup plus précise », assure Martin Laporte. En effet, environ 30% de la variation des populations dans un endroit déterminé suffisent à expliquer la présence d’E.coli dans l’eau. Même si ce petit poisson n’est pas le seul indicateur, il pourrait permettre une intervention plus rapide, « avant qu’il ne soit trop tard ». « Grâce à sa présence ou non dans les rivières et à son suivi, la blennie est un excellent bioindicateur, un de plus, afin de connaître l’état des cours d’eau dans lesquels elle évolue », précise Martin Laporte. Que l’on se rassure, selon le chercheur, les eaux douces corses se portent bien à côté de certains voisins européens. Si sur l’île, la blennie fluviatile prospère, ce n’est plus le cas ailleurs comme en Espagne ou en Italie. « Dans ces pays, certains cours d’eau sont tellement pollués qu’elle a disparu », affirme-t-il.

« Mieux connaître un poisson utile »

Spécialiste en génétique, Martin Laporte étudie également la capacité d’adaptation du poisson aux différents courants qu’il rencontre : « En Corse comme ailleurs, les débits ne sont pas les mêmes d’une rivière à l’autre. La blennie change-t-elle de morphologie ? Ces changements sont-ils génétiques ? J’essaye de répondre également à ces questions au cours de mes recherches. »Pour cela, dans la maison de Pirio qui sert de base à l’association pour l’étude écologique du maquis, Martin Laporte a disposé plusieurs poissons dans cinq bacs. Dans chacun d’eux, un moteur électrique tourne sans cesse pour recréer le courant naturel. Mais à différentes vitesses. « Je pourrais bientôt vérifier si les poissons ont modifié ou non leur morphologie en l’espace d’un mois. Si c’est le cas, on parlera alors d’une forte "plasticité" pour ces animaux, un peu comme lorsque notre peau devient foncée pour se protéger du soleil. »Le but de tout cela ? « Mieux connaître un poisson qui est déjà très utile à la compréhension du milieu dans lequel il évolue. À condition qu’on y prête attention. »

Nouvelle venue, la blennie fluviatile s’est bien acclimatée dans le lac Léman

Elle n’est pas grande (à peine une dizaine de centimètres en moyenne), mais tout le monde peut la voir puisqu’elle n’est pas très farouche non plus et niche sous les rochers du lac à moins de 1,50 m de profondeur.

La blennie fluviatile, aussi appelée "baveuse", a aussi la particularité d’être une petite nouvelle dans le Léman. Certains pêcheurs disent l’observer localement depuis quatre ans, et Stéphan Jacquet, scientifique à l’Inra de Thonon, confirme : « Il ne fait aucun doute que cela fait plus de trois ans que ce poisson a élu domicile dans le Léman. » Et autant dire que la blennie s’y plaît : les densités de population mesurées, qui faisaient état l’an dernier de 20 à 50 individus par 1 000 m², dénombrent cette année entre 50 et 300 individus pour la même surface ! De fait, l’habitat est favorable et la ponte abondante. Ce que corroborent les plongeurs : « J’étais hier à Amphion, raconte Jean-Marc Bel, directeur du centre Aquaventure à Saint-Disdille, et ça pullule ! Il y en a partout, de Chens au Locum. Le mois prochain, nous allons voir côté suisse s’il y en a aussi. » D’où cette interrogation : la nouvelle venue risque-t-elle d’être considérée comme une espèce invasive ? « A priori, elle ne s’est pas installée au détriment d’autres poissons, constate M. Bel. On la dit partout en voie de disparition : son apparition dans le lac est donc plutôt une bonne nouvelle, même si l’on ne peut pas se prononcer sur les répercussions dans l’avenir. » Par ricochet, on pense alors à l’écrevisse américaine, venue chasser les dernières écrevisses lacustres de leur niche écologique - et comme pour l’écrevisse la question se pose pour la blennie : comment est-elle arrivée dans le Léman ?
En effet, ce poisson depuis longtemps familier des lacs d’Annecy et du Bourget apprécie généralement des eaux un peu plus chaudes. Le réchauffement climatique est donc sans doute un facteur à prendre en compte pour expliquer son acclimatation. « Nous avons un lac à 26° C fin août, c’est énorme, rappelle Jean-Marc Bel, et la blennie résiste visiblement bien aux 6° C en bord du lac l’hiver. » Mais reste à savoir comment, matériellement, l’espèce a été introduite dans le lac.
La blennie a souvent servi de vif aux pêcheurs, qui auraient pu l’introduire dans le Léman de cette façon. Mais les scientifiques n’y croient pas trop. Une explication est peut-être à trouver dans les vidanges successives des barrages du Rhône, dans les années 1970 et 80, et les aménagements récents de passes à poissons à l’aval de Genève : de pures hypothèses, qui demandent encore à être vérifiées. Car au sujet de son arrivée dans le lac, la blennie reste muette comme une carpe
… YVAN STRELZYK

Photos

Blennie fluviatile
Blennie fluviatile
La Blennie fluviatile possède un corps allongé et comprimé vers la queue

La blennie fluviatile
Extrait d’une émission de France 5 - La blennie fluviatile (Tourné en Corse)

Salaria fluviatilis (Asso, 1801)
Salaria fluviatilis (Asso, 1801)
Les femelles sont plus petites que les mâles. Ces derniers présentent une protubérance frontale.
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