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La flore lacustre - Le zooplancton

dimanche 31 décembre 2017, par administrateur.
Mis à jour le dimanche 31 décembre 2017

Le zooplancton dans la partie flore lacustre du site ?
Je sais, il s’agit d’organismes animaux mais je ne voulais pas séparer les deux éléments qui composent le plancton, donc, erreur assumée.

Le zooplancton des eaux douces de nos régions

Texte : Yannik Spineux
assistant au Centre Marie-Victorin à Vierves-sur-Viroin

Article trouvé sur le site du CERCLES DES NATURALISTES DE BELGIQUE asbl

Avez-vous déjà eu la chance d’observer au microscope une gouttelette d’eau provenant d’une mare ou d’une rivière ? Cet univers miniature foisonne de vie ! Déjà à l’œil nu, on peut distinguer de petits animalcules qui s’agitent de manière un peu désordonnée ! Il s’agit du zooplancton !

Un peu de vocabulaire…

Le zooplancton, c’est l’ensemble des êtres vivants d’origine animale qui vivent en suspension dans l’eau et dont les mouvements propres ne permettent pas de s’opposer à ceux de la
masse d’eau. Autrement dit, ils ne savent pas nager à contre-courant. Les invertébrés zooplanctoniques sont, en général, microscopiques. Leur taille est comprise entre quelques centièmes de millimètre et quelques millimètres mais certaines méduses marines de deux mètres de diamètre sont également qualifiées de planctoniques suite à leur faible mobilité !
Par opposition au plancton, on trouve le necton. Les animaux faisant partie du necton sont capables d’effectuer des mouvements qui vont les soustraire à ceux de l’eau. C’est bien sûr le cas des poissons mais également de toute une série de petits invertébrés.
Le neuston, quant à lui, reprend les organismes qui vivent à l’interface air – eau (sur ou sous la surface). Un exemple bien connu est celui du Gerris, punaise aquatique appelée parfois aussi araignée d’eau.
Enfin le benthos est constitué de l’ensemble des organismes vivant sur le fond d’une rivière ou d’un plan d’eau. Ces organismes sont soit fixés (colonies de bryozoaires), soit nageurs (larves d’éphémères baetidés), rampeurs (bithinies, mollusques gastéropodes) ou fouisseurs (larves de perles leuctridés). Il ne serait pas correct de classer définitivement un organisme zooplanctonique dans une de ces catégories. En effet, un même organisme peut passer d’une catégorie à l’autre en fonction de son stade de développement, de son rythme journalier ou encore de manière accidentelle.

Quels sont les organismes formant le zooplancton ?

Le zooplancton des eaux douces de nos régions est constitué de trois groupes principaux : les rotifères, les cladocères et les copépodes. Les rotifères constituent un embranchement à part entière apparenté aux vers alors que les cladocères et les copépodes sont tout deux des ordres de crustacés entomostracés (1). En plus de ces organismes viennent s’ajouter de nombreux protozoaires, des gastérotriches, des larves d’insectes, d’autres crustacés…

Les protozoaires
Les protozoaires sont des organismes unicellulaires de taille microscopique et à caractéristiques animales. Ils ne possèdent en effet pas de pigments assimilateurs tels que la chorophylle. Ils sont divisés en quatre classes :

  • les flagellés, qui comme leur nom l’indique sont caractérisés par la présence dans la partie antérieure d’un flagelle mobile qui sert à la locomotion ;
  • les rhizopodes dont la membrane cellulaire peut se déformer en pseudopodes utilisés pour la locomotion et la préhension. Il s’agit des amibes, foraminifères, radiolaires, héliozoaires (fig. 1)… ;

Un protozoaire
Un protozoaire
Un protozoaire est un organisme unicellulaire eucaryote. Du point de vue étymologique, le terme protozoaire signifie « premiers animaux ».

  • les ciliés, caractérisés par la présence de nombreux cils vibratiles sur le pourtour cellulaire, tels les paramécies (fig. 2) ou vorticelles ;
  • enfin, les sporozoaires, tous parasites internes, jamais à l’état libre.
    De nombreux protozoaires, tels les paramécies, vivent posés sur un support organique ou dans le fond de l’eau et peuvent parfois être emportés accidentellement et ainsi se retrouver parmi le plancton !

Les gastérotriches
Au microscope, on observe parfois en grattant un substrat végétal, ces espèces de cylindres aplatis glisser sur leur ventre. Les gastérotriches, organismes apparentés aux vers, doivent leur nom à une bande de cils vibratiles locomoteurs le long de leur face ventrale (gaster- : ventre, trich- : poil).

Les Gastrotriches
Les Gastrotriches
Les Gastrotriches ou Gastérotriches forment un phylum d’animaux bilatéraux, appartenant à l’infra-règne des Platyzoaires.

Ces animaux microscopiques mais pluricellulaires ont un corps allongé, aplati et différencié en une tête et un tronc terminé par une extrémité bifide. Ils sont recouverts d’une mince cuticule présentant des écailles, des soies ou des épines (fig. 3). Ils se nourrissent de bactéries, de protozoaires, de diatomées et de détritus de natures diverses. Les espèces dulcicoles vivent sur les fonds vaseux, riches en organismes végétaux mais peuvent se retrouver dans le zooplancton.

Les rotifères
Les rotifères (rota, « roue » et ferre, « porter ») sont également apparentés aux vers. Certains sont benthiques (2) d’autres pélagiques (3). Leur taille varie entre 0,1 et 2 mm avec une moyenne de 0,2 mm.
Leur nom provient de leur organe principal, la corona, une couronne de cils vibratiles qui entoure la bouche et leur sert à nager activement. La corona permet également de filtrer les algues planctoniques, les protozoaires et détritus en suspension dans l’eau. Toute cette nourriture est ensuite broyée par le « mastax », pharynx formé de plusieurs pièces articulées (fig. 4). Quelques espèces sont prédatrices et s’attaquent au petit zooplancton.

Les Rotifères
Les Rotifères
Les Rotifères sont des animaux microscopiques ou difficilement visibles à l’œil nu ; ils ne sont ni segmentés ni métamérisés, et le plissement en anneaux qu’offre parfois leur corps n’a aucune valeur morphologique

Chez les rotifères, la reproduction est la plupart du temps parthénogénétique : les œufs ne donneront que des individus femelles, identiques aux adultes, sans avoir été fécondés par des mâles, en géné-
ral absents. Cependant, lorsque la photopériode (4) ou la température varie ou lorsque de brusques changements environnementaux surgissent, des mâles peuvent apparaître. La reproduction sexuée pourra alors avoir lieu et les œufs qui en résulteront seront appelés œufs de durée ou œufs dormants ou encore œufs d’hiver. Ceux-ci seront capables de résister à des conditions hostiles (froid intense, dessiccation…) et de recoloniser le milieu lorsque les conditions seront redevenues meilleures.

Les cladocères
Les cladocères sont de petits crustacés abondant en eau douce et peu représentés en milieu marin. Leur taille varie généralement entre 0,2 et 2 mm. Les plus connus sont sans doute les daphnies ou puces d’eau visibles à l’œil nu et qui peuvent être abondamment présentes dans les pièces d’eau à certains moments de l’année. Bien que moins fréquent, on peut également les trouver dans les zones plus calmes des rivières. Les cladocères possèdent deux paires d’antennes : une première, plus petite, les antennules et une deuxième, plus grande, biramée et à fonction locomotrice. Certains cladocères sont appelés « puces d’eau » car ils se déplacent en effectuant de petits bonds. Le reste du corps est enveloppé dans une carapace bivalve qui laisse voir par transparence différents organes : un œil au niveau de la tête, le tube digestif, coloré différemment en fonction du type de nourriture ingérée et des appendices thoraciques. Ceux-ci sont généralement foliacés et leurs battements créent un courant d’eau qui facilite la respiration et entraîne des particules alimentaires retenues par des soies. Certains cladocères ont des appendices préhensiles et sont alors prédateurs. Enfin, chez les femelles, on peut voir une poche incubatrice dorsale qui contient plusieurs œufs. Ceux-ci se détacheront de la carapace lors de la mue suivante.

Les cladocères
Les cladocères
Les cladocères (Cladocera) ou puces d’eau sont de petits crustacés aquatiques, dont le nombre de segments est très réduit, avec un thorax et abdomen fusionnés.

Comme chez les rotifères, il existe une alternance entre reproduction asexuée et sexuée. La reproduction asexuée voit se succéder plusieurs générations parthénogénétiques. Les mâles, plus petits, apparaissent à l’approche de l’hiver ou lorsque les conditions deviennent défavorables. Les œufs fécondés par ceux-ci sont dits dormants et sont plus résistants.

Les copépodes
Comme les cladocères, les copépodes sont de petits crustacés bien représentés dans nos eaux douces. C’est cependant en milieu marin que l’on rencontre la plus grande biodiversité. Leur taille varie entre 0,5 et 3,5 mm. Leur corps est segmenté. Ils possèdent un céphalothorax et un abdomen de cinq segments terminé par deux prolongements porteurs de soies, la furca. La tête porte, la plupart du temps, un seul œil médian dans la partie antérieure. Elle a aussi une paire de longues antennules natatoires et une paire d’antennes plus courtes. Enfin, les femelles portent un ou deux sacs ovigères externes au niveau de l’abdomen.

Les copépodes
Les copépodes
Les copépodes sont un groupe de petits crustacés, libres et parasites (externe ou interne d’organismes variés), vivant dans l’eau de mer et dans presque tous les habitats d’eau douce (lacs, marais, rivières, eaux souterraines).

Il existe également de nombreuses formes de copépodes parasites, notamment de branchies de poissons. Leur morphologie est considérablement modifiée. Chez nous, on distingue trois groupes de copépodes dulcicoles libres :

  • Les cyclopoïdes
    Très abondants et diversifiés dans les eaux douces, ils sont pélagiques ou benthiques. Leur régime alimentaire est également diversifié, on trouve des espèces herbivores, détritivores ou même prédatrices. Ils sont caractérisés par des antennules de six à dix-sept segments et des antennes uniramées. Les femelles se reconnaissent aisément aux deux sacs ovigères latéraux accrochés à leur abdomen.
  • Les calanoïdes
    Ils sont essentiellement pélagiques et filtreurs. Leurs mouvements sont plus brusques et plus rapides que ceux des cyclopoïdes. Ils sont caractérisés par des antennules très longues de dix-sept à vingt-cinq segments et des antennes biramées. À l’arrêt, ils adoptent une position verticale
    typique tandis que les antennules sont maintenues horizontalement et font office de balancier. Les femelles n’ont qu’un sac ovigère médian.
  • Les harpacticoïdes
    Copépodes benthiques, leur présence dans le zooplancton est généralement accidentelle. Ils se déplacent par reptation dans le fond de l’eau et ne peuvent nager efficacement. Leurs antennes et antennules sont courtes. Ils ont tous une petite taille (< à 1 mm) et leur abdomen présente une largeur comparable au céphalothorax.

Les ostracodes
Vous avez peut-être déjà observé, dans les couches d’eau supérieures des mares ou des étangs, de petites boules (1,5 mm environ) groupées par dizaines qui tournoient en tous sens. Ce sont les ostracodes, de petits crustacés protégés par une carapace bivalve (fig. 8). Lorsque l’animal est dérangé, il se replie complètement dans sa loge. Quand il nage, il ouvre légèrement sa carapace et laisse passer deux paires d’antennes et une paire de pattes locomotrices. La plupart d’entre eux vivent au fond
de l’eau où ils rampent et grimpent sur les plantes aquatiques.

Une ostracode
Une ostracode
Une ostracode est un crustacé planctonique ou benthique à coque de la classe Ostracoda, de très petite taille, souvent microscopique.

Quelques espèces s’enfouissent dans la vase et beaucoup d’autres peuvent nager sur de courtes distances. La matière en décomposition, en particulier les feuilles mortes et les cadavres d’animaux, constitue la majeure partie de leur alimentation. On sait relativement peu de chose sur leur reproduction.

Les corèthres
Les corèthres sont des larves aquatiques de diptères de la famille des chaoboridés. Elles mesurent un à un centimètre et demi et sont presque entièrement translucides. La journée, elles mènent essentiellement une vie benthique mais la nuit venue, elles remontent vers la surface pour chasser de petits organismes planctoniques qu’elles attrapent avec leurs antennes préhensiles. Elles se tiennent immobiles, horizontalement, grâce à deux paires d’organes hydrostatiques visibles parce que recouverts d’une couche de pigment noir.
L’aspect translucide et ces organes hydrostatiques constituent des adaptations au mode de vie planctonique.

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